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Burg’an Italiano

EdWarner

Burg’an Italiano Very Veg !  Very Veg ! 

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http://www.myburger.fr/images/chroniques/grande_1808_Very_Veg_FR_Burg_an_Italiano_03.jpg 2018-12-07 Une fois n'est pas coutume, j'ai cédé le temps d'un essai au vegan. Je ne suis pas une viandarde de façon générale, mais ce type de tendance qui vire chez certains au délire me laisse perplexe. Ou plutôt, ce qui m’interroge c’est : pourquoi vouloir mettre (...)

Décortiqué à la loupe par EdWarner le 07/12/2018

Une fois n'est pas coutume, j'ai cédé le temps d'un essai au vegan. Je ne suis pas une viandarde de façon générale, mais ce type de tendance qui vire chez certains au délire me laisse perplexe. Ou plutôt, ce qui m’interroge c’est : pourquoi vouloir mettre en forme de burger un truc qui est supposé rejeter l’image, justement, de la viande en général (marche aussi avec les charcuteries véganes en tout genre). De la nostalgie ? une frustration ? du "Moi aussi je fais comme toi, mais en vachement plus mieux ?" Bref, débat mis à part, je me suis lancée.

Hors du fait que l'emballage est fichu comme l'as de pique, avec un bandeau plastique sur lequel on cherche le poids du produit pendant 10 minutes, et un carton qui se fait la malle dans tous les sens, on est censés avoir un superbe burger, dignement monté, équilibré tout ça tout ça. Et italien.

Pour représenter les saveurs italiennes, nous avons donc un patty de pois chiches aux tomates séchées et… euh… de la sauce barbecue et un fondant végétal. Ne me demandez pas ce que la sauce barbecue vient faire là-dedans, mon sang italien est passé à ébullition directement, mais on va dire que c'est tendance cuisine fusion (j't'en ficherais, moi, de la fusion...). Quant au fondant végétal, je connais des producteurs de mozzarella qui vont filer aux urgences en cardiologie. Mais nous sommes dans le vegan, je ne perds pas espoir, ça doit pouvoir le faire.

À l'ouverture, personne ne rit, j'ai failli en lâcher mon appareil photo. Admirez-moi ça ci-contre. C’est pas beau ce joyeux foutoir sous plastique ? Hein, une tarentelle à lui tout seul ! Vous le voyez, là, l'effort qu'il va falloir faire pour obtenir un truc ne serait-ce que vaguement en forme de burger ? Et encore, je vous assure que les images ne rendent pas compte de l'étendue du désastre. À savoir que vous pouvez difficilement le bidouiller avant réchauffage : certes on enlève le plastique et on ne laisse que la plaque réfractaire façon Charal, mais le tout est tellement mou qu’on risque de tout casser. J’y vais donc trash. Autre détail : c'est 2 minutes, à seulement 450 W, ce qui m'a semblé anormalement bas. Disciplinée et prête à tout, je suis le modus operandi.

Durant la cuisson, respectée au quart de seconde, la chose la plus étrange, c'est que cela sent vaguement le bacon, sans doute à cause de la sauce barbecue. Pour un produit vegan, je dois dire que cela laisse ouvert l’océan des possibles en termes de contradictions (d’ailleurs, l’usage même d’une sauce de ce nom pour un tel burger indique un brainstorming sous LSD). Sorti du four, je patiente, en me demandant comment je vais en faire quelque chose. L’ouvrir pour vous montrer l’intérieur est chirurgical : le bun, très moelleux, est fragile. Le fondant végétal est bien le seul truc pas fondu. Façon plaque de BA13, voyez… Et le patty est tellement texture purée que je ne peux pas le soulever (notez qu’il n’y a rien en-dessous, donc on s’en remettra). Je patouille le tout pour vous le montrer sous son angle le plus avantageux. Et je me risque à mordre dedans.

Premier (et seul) bon point : le bun est moelleux, et comme j’aime les graines, je suis contente. Il apporte une texture qui sauve l’ensemble, pour être directe. La suite sera moins diplomatique. Le fondant végétal, que j’ai goûté à part (ce burger fut mon chemin de croix), est d’une rare insipidité. Même pas une petite herbe de Provence pour remonter le tout. Nada, que pouic, néant. Le patty confine au houmous vaguement solidifié, relevé du sel des tomates séchées, quand on parvient à identifier le goût desdites tomates. Question saveurs, voilà merci au revoir. La sauce barbecue, je pense qu’elle s’est enfuie d’elle-même, pour ne pas être associée au vegan en bouche. Sinon, je l’aurais sentie quelque part, nécessairement, autrement que comme un effluve de cuisson. Le tout ne se mâche même pas, c’est un repas pour patient en post-opératoire. Un sandwich à la purée, avec pain mou. Un petit pot Blédina. Je ne sais. Une expérience à tenter en termes de texture, mais alors chez moi ça ne passe pas. Admettons que c’est personnel… Sauf que, si quelqu'un me trouve une trace de saveur italienne, je veux bien admettre qu'Adrien Rabiot est modeste. Seul le bun est vaguement extrayable de cette bouillie, et c'est un sacrifice pour lui que d’être là.

Qu’on ait des convictions (ou des obligations) alimentaires n’est pas contestable, mais de là à en arriver à ça, désolée, c’est non. On fait une assiette vegan, un bento vegan, une salade, ce qu’on veut, mais on évite de récupérer le terme de "burger" juste pour faire de la vente. Autant certaines versions végétariennes peuvent être très bonnes, comme le McWrap Veggie & California, ou plus mitigées, comme le Grand Veggie, autant là c’est à vous faire fuir une personne que vous voudriez convertir. Ce "burger" concentre très exactement ce que les détracteurs du mouvement vegan stigmatisent : c’est un gloubiboulga qui se veut comme un vrai, et qui n’a comme seule caution d’existence que d’être à base de légumes. Ce n’est sans doute pas plus diététique qu’une bonne salade, mais plus c’est moins bon et plus on est fiers pour certains (je dis bien pour certains) de s’être convertis à une forme d’orthorexie alimentaire. Bref, on peut parfaitement faire aussi vegan et bien plus comestible.

Pour ma part, bien lourd à digérer, une expérience que je ne renouvellerai pas. Je préfère une belle salade composée, avec les mêmes ingrédients, mais pas réduits en purée et faussement burgerisés. Cela me permettra même de mettre des choses fraîches dedans, pas du transformé ultra salé.

Pour la note, je précise qu’elle est mise en proportion de ce que j’en attendais, et pas sur la base de "C’est quoi ce truc, ça sent pas la viande !". Elle repose sur le goût global et la déception qui en est venue.


Prix (2018) : 4,20 € (prix indicatif constaté chez Carrefour Market)
Poids : 170 g
Calories : 328 kcal

Les ingrédients

- bun supérieur aux graines de pavot et de tournesol
- sauce barbecue
- 2 tranches de fondant végétal
- patty de pois chiches aux tomates séchées
- bun inférieur

Le verdict : 6/20

Les Plus

- bun moelleux avec des graines apportant un peu de texture

Les Moins

- rien d’italien là-dedans
- rien d’un burger non plus
- texture pâteuse et étouffante
- dessert vraiment l’idée que le vegan peut être bon

Taille

Honnête

Flopchef
07/12/2018 à 11:44

J’aurais mis zéro. 4€20 les 170gr pour des pois chiche?
Je serai curieux de savoir ce qu’est le fondant végétal et comment c’est fabriqué.
Possible d’avoir la compo?

EdWarner
08/12/2018 à 09:30

Il est vrai que je n'ai pas pensé à la conserver. Je te donne l'info rapidement (et j'en profite pour faire sa fiche Open Food Facts, il manque à la gamme pour le moment).

EdWarner
09/12/2018 à 13:47

Alors, j'avions ta réponse (et personne ne se marre). Je synthétise : extrait de soja, sauce tomate, graisse végétale à tartiner (huiles et graisses végétales, graines de tournesol, noix de coco, citron, eau, mono et diglycérides d'acides gras, lécithine de soja, sel arômes), huile de tournesol, amidon de maïs, sauce soja, blé, sel, épaississants, farines de haricots (sans autre précision) et agar-agar.
Bon appétit fromager !

Beniben
09/12/2018 à 14:33

Quelle tristesse ce truc. Surtout au prix qu'il est vendu par cette marque "haut de gamme".

10/12/2018 à 10:51

C'est fou le nombre de merde qu'il peut avoir la dedans !

EdWarner
10/12/2018 à 11:48

Et dis-toi que je n'ai pris que la compo du fondant... Ce n'est pas mieux pour le patty.

Beniben
10/12/2018 à 21:49

La marque propose aussi un Burg'an du potager. :) http://www.veryveg.eu/fr/prodotto/burgan-du-potager/

13/12/2018 à 15:11

et le cotesteur il dit quoi ? je crois que c'est ta premiere chronique ou tu ramenes pas sa fraise

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