) par Boulugre |
J'ai hésité longuement avant de poster la recette que voici. Jusqu'à présent je bénéficiais au sein du forum d'une réputation de doux dingue gentiment farfelu. Je crains que ma nouvelle proposition ne me fasse basculer dans le camp des fous dangereux. L'on pourra aussi avancer qu'une telle expérimentation ne pourrait que desservir notre propos, persuadant les profanes que les Burgerers sont des geeks bons à enfermer. Je laisse Bix seul juge. Je savais que la recette que je vous propose aujourd'hui était un combat perdu d'avance. Cependant, peut-être trouvera t-elle sont public auprès de Seniors ouverts d'esprit...
Certaines de mes anciennes expériences ont reçu des réactions plus que mitigées. Même si les esprits les plus éclairés soulignaient l'audace des compositions, pour rien au monde quiconque y aurait planté les dents. La cervelle, quoi qu'on en pense (c'est-à-dire forcement du mal), est pourtant un des abats les plus fins, et relativement bon marché. Sa préparation ne pose aucune difficulté, il suffit de la saisir à la poêle quelques minutes en la retournant délicatement, de préférence dans le beurre salé, l'ail et le persil. Il s'agit d'un ''plat de vieux'' par excellence, et donc on en trouve de moins en moins. Et bientôt on en trouvera plus du tout. Ingrédients : - Buns petite taille - 1 belle cervelle de porc - 1 cébette - des câpres - du fromage Bleu de Bresse - la sauce Burger Amora* qui a presque le même goût que la sauce Big Mac ! Préparation des plus sommaire. On saisit la cervelle dans une poêle antiadhésive dans le beurre salé accompagné de la cébette émincée. Manier avec précautions sinon elle se désagrège. Pendant ce temps garnir chaque moitié de bun avec d'un côté le Bleu de Bresse en épaisses tranches (sur lequel on versera la cébette) et de l'autre la sauce Burger agrémentée de câpres. Une fois la cervelle cuite (de rosée ayant pâlie), baisser le feu, déposer les buns dans la poêle pour les réchauffer délicatement (couvrir). Après 2 mn le fromage a fondu, on peut passer à l'assemblage. Et bien voila, vous trouvez cela ignoble, moi je trouve ça très beau, ce qui fait désormais de moi l'Hannibal Lecter du Burger... (En effet, il s'agit de cervelle de Porc, je suis donc un cannibale !). De cette aberration s'exhale un fumet généreux, exquis et raffiné entre le meilleur fond de sauce et un fromage bien fait. Je mords à pleines dents. La cervelle explose. Viande d'une consistance trop vermoulue, la coincer entre deux buns la condamne à l'écrabouillement en règles, et oblige le convive à déguster à petites bouchées fort retenues. La saveur à la fois douce et amère de la cervelle se noie intimement avec le Bleu de Bresse, câpres et sauce Burger apportant une touche acidulée bienvenue. Le fondant est hors du commun, donnant l'impression que ce Burger ne contient que de la sauce et du fromage. Ce Burger inepte sera promptement engloutie. Et restera un peu sur l'estomac. Car la cervelle ça nourrit son homme ! Fidèles Burgerers, montrez-vous dignes de votre rang, plutôt que de descendre cette expérience en lui donnant une note lamentable, abstenez-vous de toute évaluation tant que vous n'y aurez point goûté ! Je précise qu'enfant j'exécrais la cervelle que ma grand-mère maternelle me faisait ingurgiter trop souvent, et n'ai découvert sa saveur subtile qu'à l'âge de raison, en ayant outrepassé mes vieux démons. Composition (de haut en bas) :- Bun supérieur - Bleu de Bresse - Cébette - Cervelle - Câpres - Sauce Burger Amora* - Bun inférieur |
|
||||||||||||||||||
Les plus : - Saveur très onctueuse rappelant la laitance de poisson et le Gorgonzola. - Un fondant irrésistible. - Petit mais très nourrissant. Les moins : - La mollesse de la cervelle rend le Burger casse-gueule. - Cette œuvre me condamne au célibat éternel (voire au bannissement au Mordor). |
|||||||||||||||||||
|
Note du chroniqueur : 15 / 20 - Note des lecteurs : 20 / 20 - (1 Vote)
|
|||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||