) par Gropapa |
(air connu)
Je vous parle d'un temps Que les moins de vingt ans Ne peuvent pas connaître Quick en ce temps-là Savait y faire, les gars, Y'avait de bons burgers, oui... .... dont le Chicken Filet, dont je n'aurai de cesse de pleurer la disparition au profit du Long Chicken, ce piteux ersatz, ce sandwich insipide et long comme un jour sans bun, sec comme le désert des (sauces) Tartares, hideuse punition infligée à nos papilles innocentes. Ah, Quick, comme je t'ai aimé, tu sais, mais désormais, de saliver ma bouche a arrêté. Quickos Belgium, reprenant un tant soit peu ses esprits, a finalement bouté l'infâme Long Chicken hors de sa carte, et a introduit il y a quelques temps le Double Chicken, qui semble destiné à rester un particularisme belge, pour ne pas dire un belgicisme burgeristique. Je l'ai donc testé pour vous, amis d'outre-Quiévrain, et aussi parce que je suis toujours à la recherche du Chicken Filet perdu. D'emblée, on voit que le DC a sa boîte perso - rien d'affolant, du vert fluopistache, du convenu, du rassurant. Sur le côté, Q affiche désormais l'incontournable tableau de composition en graisses, sucres, etc... (faut vivre avec son temps). Dans la boîte, un bun sans graines, calibre Giant - et c'est surtout à ça qu'il fait penser le DC: un Giant de poulet. Histoire de satisfaire la clientèle qui veut éviter le boeuf pour des raisons religieuses ou diététiques. Sous le chapi/chapo, on voit un lit de salade iceberg surplombée de la fameuse "sauce fromagère relevée au poivre et légèrement citronnée". Et je ne peux en l'espèce qu'opiner du bonnet (ya pas une contrepèterie, là?): ça goûte le poivre légèrement citronné; ya pas bézef de frometon, mais je dois dire que, comme à l'accoutumée, le budget sauce de mon Quick était déjà probablement épuisé, becoze la sauce ne brillait pas par son abondance. Restons calme. Puis vient le solide, le costaud. Euh, en principe. Voici donc les 2 filets de poulet panés. Je veux dire: les 2 TRES MINCES filets de poulet panés. Les 2 RIKIKI filets de poulet panés. Les 2 ALIBIS de... bref, la viande. Avec, entre, une toastinette de fromage fondu générique, pour dire: "Hey, les gars, on n'a pas oublié le fromage". Et pi, c'est tout. Bun final, je relis. Ah, quand on y pense, ça fait mal. Quelle occasion manquée, quel rendez-vous miteux, quelle débandade. Le Double Chicken a pourtant un atout majeur: sa sauce magique, celle qui naguère flattait mes sens quand elle ornait le Chicken Filet. Et puis, patatras, la verrue, le chancre, la peste bubonique, la dysfonction érectile: ces "filets" de poulet faméliques, ces galettes diaphanes, ces pitoyables lamelles efflanquées, tirées tout droit de la chair exsangue de gallinacés sous perfusion. Autant dire que du moelleux, du goût, il n'y en a guère, et que l'ensemble se révèle triste, sec, et sans attraits. Pleurons, mes amis, noyons dans la vodka à l'herbe de bison notre amertume et notre weltschmerz. Le Chicken Filet est mort, et le Double Chicken, comme ces âmes éplorées qui errent dans les limbes en hurlant dans la nuit pourpre, ne peut que nous faire regretter encore plus son absence douloureuse. Jouez, Tziganes! Pour le mal qu'il m'a fait, je ne peux que donner un 10/20 à ce travesti de burger au poulet. Et maintenant, laissez-moi seul.... Composition (de haut en bas) :- bun sans sésame - sauce fromage(?)/poivre/citron - salade iceberg - "filet" de poulet pané - fromage fondu - "filet" de poulet pané - bun inférieur |
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Les plus : - la sauce - digeste Les moins : - sec - à part la sauce, ça manque de goût |
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Note du chroniqueur : 10 / 20 - Note des lecteurs : 12 / 20 - (4 Votes)
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